Le 9 Novembre avait lieu Blogwell, un événement organisé par le SMBC, Social Media Business Council, dont Orange Business Services est le seul membre européen. SMBC regroupe les grands groupes américains qui utilisent les médias sociaux dans leur business. La première présentation sur les 4 auxquelles j'ai assisté ce jour là était celle de SAP.
SAP est un des membres fondateurs du SMBC et il était également le co-organisateur de l'événement, le rendez-vous pluri annuel dédié aux entreprises - toutes membres du council - qui utilisent les médias sociaux et viennent présenter leurs cas d'entreprise devant un public rassemblant des participants de tous les Etats-Unis. Blogwell a lieu dans une ville différente à chaque fois.
La présentation d'ouverture de SAP fut dédiée à l'utilisation des médias sociaux dans les événementiels, et notamment l'événement annuel SAPPHIRE.
SAP a une communauté importante sur laquelle ils commencèrent de
travailler il y a 7 ans, et qui comprend désormais 2 millions de
membres. La présentation était l'oeuvre de Brian Ellefritz, Global
Social Media Marketing at SAP, un ancien de Cisco qui a rejoint SAP pour
prendre la tête du social media chez l'éditeur germanique. Il est
également un vétéran de l'Internet, doté d'une grande expertise du sujet
Web et des médias sociaux.
Peu étaient dans la salle ceux qui s'étaient essayé aux vidéos live
lorsque Brian posa la question au public. Ainsi, ce genre d'usage des
médias sociaux, même aux Etats-Unis, reste l'affaire de quelques
professionnels qui se sont lancés, et la nouveauté du sujet reste
entière (note: Orange Business Services est également très présent sur
ce plan, avec de nombreux reportages notamment sur ses événements
clients ; voir notamment http://orangebusiness.posterous.com, notre blog événementiel qui vient en complément de notre blog principal).
Contexte
Sapphirenow est le plus important événement commercial de SAP et a été
lancé il y a environ 10 ans. En 2010, SAP organisa 2 événements
simultanés, un à Orlando en Floride, et un autre en Allemagne, ce qui
était très ambitieux. Les médias sociaux jouèrent rôle important dans
cet événement.
L'objectif de SAP avec cet événement était de se mettre au même niveau
que son auditoire, et de ne pas juste les traiter comme une cible, ainsi
que de démontrer que SAP avait une grande pratique des médias sociaux.
Une première tentative avait été faite l'an passé mais SAP a voulu
passer au cran supérieur. SAP voulait "prolonger cet événement dans
l'espace virtuel" a déclaré Brian Ellefritz à Blogwell en ajoutant que
pour l'occasion, "SAP avait utilisé plus de bande passante que CNN", ce
qui place l'éditeur de logiciel sur un plan qui dépasse son cadre
habituel.
Le concept d' ambassadeur des médias sociaux
Les
influenceurs mais aussi des clients et des partenaires de l'éditeur
allemand allaient en effet prendre part active à cet événement en
relayant les informations reçues lors de Sapphirenow. SAP voulait
également "toucher ceux qui n'avaient pas pu venir" ajouta Ellefritz.
Twitter joua un rôle central car toutes informations en provenance de
l'évenement y étaient poussées en temps réel. Le flux d'information
démarra en Allemagne le matin et fut poursuivi par celui d'Orlando
l'après midi. Le flux Twitter Sapphirenow joua un rôle de pivot dans le
dispositif mis en place par SAP. Des écrans géants furent également mis à
disposition du public des 2 côtés de l'Atlantique.
Le programme dit des "ambassadeurs" fut démarré 2 mois en amont de
l'événement physique. SAP sélectionna 6 sujets principaux et 6
ambassadeurs pour chacun des lieux de l'événement. Les ambassadeurs
devaient - pour être sélectionnés - avoir un nombre d'abonnés Twitter (folllowers)
significatif mais ils devaient aussi satisfaire aux exigences de
compétences requises par SAP. Des caméras portables FLIP furent
distribuées aux ambassadeurs. Les ambitions de départ de la part de SAP
étaient que chaque ambassadeur écrive 2 articles de blog par jour. Les
ambassadeurs, après avoir dûment signé le formulaire d'autorisation de
diffusion de tous leurs contenus reçurent ensuite de façon gracieuse des
cartes de visite "médias sociaux" réalisées par SAP.
Un audit impartial, des résultats probants
Afin
de mesurer l'efficacité du dispositif, SAP décida de lancer un audit
sur la démarche, et de le confier à une agence neutre chargée de mesurer
et d'évaluer la pénétation des messages et la diffusion des contenus,
et de déterminer si cette diffusion "avait un impact ou ne faisait
qu'amplifier un chaos d'information".
Les résultats furent probants pour l'éditeur, avec 1,5 million de vues
de Twitter (Reach en Anglais, résultat donné par l'applicatif de mesure Tweetreach.com), 41 articles de blogs en 3 jours et 152 vidéos publiées, générant 15.506 vues.
Quels enseignements tirer de cet événement ?
- le choix du compte Twitter - personnel ou business ? - était un problème épineux, pas toujours facile à résoudre ;
- l'étendue très large des compétences a posé un problème car certains des ambassadeurs ne savaient pas bien comment Twitter fonctionnait ;
- le hashtag (le mot clef précédé du signe # qui sert à distinguer et étiqueter les contenus dans Twitter) a posé un problème aussi : 1 par thème ? 1 pour tout l'événement ? pas facile de choisir ...
- la vidéo en direct avec des caméras à main a été un élément de dynamisme certain mais a posé des problèmes aux équipes en back office qui n'arrivaient pas à charger les vidéos en temps réel sans créer des files d'attentes et générer du "chaos".
- une fois tous ces problèmes digérés cependant, le résultat fut à la hauteur des attentes avec la génération d'un pot-pourri géant d'informations ;
- au bout d'un certain temps, précise Ellefritz, l'équipe arrêta de se concentrer sur le nombre de tweets et d'articles de blog et commença à se détendre et à prendre plaisir à participer à cette expérience de reportage en direct.
Les interrogations sur la réalité des chiffres étaient au rendez vous
cependant avec cette interrogation sur la réelle signification du
chiffre de 1,5 million cité plus haut. "les 1,5 million a surtout servi à
arrêter les questions du management" a précisé de façon un peu
facétieuse Brian Ellefritz, mais c'était aussi "le point de départ d'une
prise de conscience de la valeur et de l'énergie mise dans cet
événement et dans cette initiative".
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